Le 20 septembre 2026, j’ai photographié les châteaux de Montferrand et de Viviourès au DJI Avata 2. Sur l’image d’ouverture, Viviourès se détache à gauche, tout près de la falaise. Montferrand se devine beaucoup plus loin, sur la crête opposée, dans la moitié droite du cadre. Entre les deux, les bois et les parcelles donnent une profondeur à ce face-à-face.
Cette sortie m’a surtout rappelé une chose : photographier ces forteresses depuis le ciel ne consiste pas seulement à prendre de la hauteur ; il faut comprendre les hauteurs sur lesquelles elles ont été bâties. Le relief explique leur présence dans le paysage. Il intervient aussi très concrètement dans le choix du point de départ et dans les cadrages accessibles au drone.
Montferrand et Viviourès, deux façons d’occuper les hauteurs
Montferrand et le comté de Melgueil
Sur mes photographies de Montferrand, la végétation occupe une grande partie de l’image. Les ruines apparaissent au sommet, suffisamment détachées du ciel pour attirer le regard, mais encore prises dans la masse du versant. Le château domine ; le point de vue du drone ne le domine pas nécessairement.
Le site patrimonial de Montferrand situe sa première mention en 1102. Il décrit l’un des deux pôles administratifs et judiciaires du comté de Melgueil, avec une position tournée vers la défense du nord du territoire. Le paysage prend alors un autre sens : cette hauteur était aussi un lieu d’exercice du pouvoir.
En 1215, le comté est inféodé aux évêques de Maguelone, qui deviennent comtes de Melgueil et de Montferrand. Le récit du XIIIe siècle montre un passage complexe, marqué par des rachats, des dettes et la poursuite des travaux. Bien plus tard, le démantèlement du début du XVIIIe siècle contribue à l’état de ruine actuel. Les opérations archéologiques présentées par la collectivité rappellent que des espaces restent ensevelis sous les remblais.
Montferrand au-dessus du versant
La Roquette, dite Viviourès, sur l’Hortus
À Viviourès, la rencontre entre construction et géologie est plus immédiate. Une haute maçonnerie claire s’élève au-dessus d’un éperon calcaire ; des murs plus bas apparaissent entre le rocher et les arbres. La vue aérienne rend cette implantation particulièrement lisible.
Le nom patrimonial est château de la Roquette, dit de Viviourès. L’office de tourisme le présente comme une ancienne propriété des comtes de Melgueil, utilisée à la fois comme place forte et comme habitation. Sa position sur l’Hortus le place face au massif du Pic Saint-Loup. Ce voisinage n’a pas toujours signifié une entente : le site de Montferrand rapporte une reconstruction de la Roquette vers 1250 sous l’impulsion d’un officier royal, dans un contexte de tensions avec le pouvoir épiscopal.
La notice officielle Mérimée situe l’ensemble à Rouet et Valflaunès. L’inscription en totalité au titre des monuments historiques date de l’arrêté du 3 juin 2025. Elle remplace les arrêtés du 4 avril 1940 et du 5 mars 2025 : Viviourès bénéficiait donc déjà d’une protection auparavant.
Viviourès et son assise rocheuse
Ce que les photographies aériennes révèlent des ruines
Distinguer la pierre construite de la pierre naturelle
Sur certaines vues de Viviourès, la couleur rapproche tellement le mur du rocher que la limite entre les deux demande un instant d’attention. Les ouvertures, les arêtes des maçonneries et les changements de texture aident à la retrouver. Plus bas, la végétation masque une partie des vestiges.
Une photographie peut montrer cette continuité et ces ruptures. Elle ne suffit pas à décider qu’un volume était une salle, un logement ou un ouvrage défensif précis. Il faut résister à l’envie de transformer chaque forme visible en explication historique.
Pour approfondir, la collectivité présente l’ouvrage Du castrum au castellas. Châteaux abandonnés du Moyen Âge, publié par la DRAC Occitanie. Thomas Robardet-Caffin y étudie les deux châteaux en croisant archives et analyse du bâti. Ce travail donne aux images un appui documentaire que le seul survol ne peut remplacer.
Des murs sur une arête
Changer d’angle pour comprendre l’implantation
Un premier cadre isole la haute façade de Viviourès. Un autre montre davantage les murs qui accompagnent l’arête. Un troisième prolonge le regard vers la crête, au-delà des ruines. L’intérêt de la série vient de ces déplacements du regard : chaque image ajoute une relation entre un mur, une pente et l’espace environnant.
J’avais déjà abordé cette complémentarité des points de vue au Dolmen des Fées à Pépieux. Ici, la différence se joue surtout entre une vue qui décrit les vestiges et une vue qui les replace dans le paysage. Les deux sont nécessaires pour éviter de réduire le château à une silhouette spectaculaire.
La continuité de la crête
À Montferrand, le point de décollage a changé le cadrage possible
Une limite constatée pendant cette sortie
À Montferrand, j’ai rencontré un plafond de hauteur avec l’Avata 2. Dans cette configuration de vol, il m’a empêché de prendre autant de recul en hauteur que je l’aurais souhaité pour cadrer les ruines. Le terrain montait devant moi ; gagner de la hauteur par rapport au départ ne revenait donc pas à gagner autant de hauteur par rapport au château.
Je présente ce plafond comme la limite constatée pendant ce vol, apparemment rapportée au point de décollage. Sans relevé de vol ni vérification rétrospective des réglages, je ne peux pas en établir ici la valeur exacte ou la cause. Ce constat ne permet pas d’attribuer à tous les Avata 2 un plafond fixe de 120 m.
Le choix photographique a consisté à travailler avec les vues possibles : garder le versant dans la composition et faire exister la silhouette des ruines au-dessus de la végétation. Cette contrainte raconte elle aussi le site.
Le versant devant Montferrand
Hauteur affichée et règle aéronautique : deux références différentes
Le manuel DJI de l’Avata 2, dans sa rubrique consacrée à la hauteur au-dessus du sol, précise que la valeur H se rapporte au point de décollage. Elle ne constitue pas une mesure continue de la distance au terrain situé sous l’appareil. Les limites appliquées par le système doivent être examinées dans la configuration réellement utilisée.
De son côté, l’EASA donne le principe applicable en catégorie ouverte : rester dans les 120 m du point le plus proche de la surface terrestre. En terrain montant, cette référence diffère d’une hauteur mesurée depuis le départ. Une restriction géographique locale peut imposer moins. Ce principe ne vaut pas autorisation de voler autour des deux châteaux.
La préparation doit donc réunir le profil du terrain, les indications de l’appareil et les règles applicables. Notre guide de la réglementation drone aide à replacer ces vérifications dans l’ensemble des obligations du télépilote.
Avant de faire voler un drone ici
Espace aérien, accès au sol et immersion doivent être vérifiés séparément. Consultez les restrictions applicables au lieu précis et au jour du vol, y compris les restrictions temporaires. La carte officielle indiquée par Service Public est un point de départ ; complétez-la avec l’information aéronautique du SIA. Le présent carnet ne certifie pas l’absence de restriction locale ni la conformité d’un futur vol.
Viviourès est un domaine privé sans accès libre. L’office de tourisme signale des sentiers privés non conventionnés. Ces photographies ne constituent pas un itinéraire pour rejoindre les ruines. À Montferrand, le site patrimonial annonce une interdiction temporaire d’accès à l’intérieur de l’enceinte pendant les travaux, avec des visites de chantier encadrées. Consultez les consignes d’accès au massif et au château ainsi que les restrictions liées au risque incendie. Un point de départ doit être accessible et autorisé.
En immersion, prévoyez la surveillance visuelle adaptée. En catégorie ouverte, le guide DGAC, section 9.3, prévoit un observateur placé à côté du télépilote, qui conserve le drone en vue directe et surveille le ciel ainsi que la zone au sol. Le relief et les murs ne doivent pas faire perdre cette surveillance. Vérifiez aussi météo, personnes présentes, autonomie et possibilités de retour.
Ces références ont été consultées le 24 septembre 2026. Elles expliquent la préparation requise.
Ce que je retiens de cette sortie
Avant de photographier un relief, je dois préparer davantage que le sujet : le point de départ, le dénivelé qui le sépare du cadrage envisagé, la visibilité du drone et les limites applicables font partie de la photographie. Il n’est pas toujours nécessaire, ni possible, ni autorisé de décoller au niveau du château. L’objectif est de choisir un départ cohérent avec le vol permis, puis d’accepter les images qu’il rend accessibles.
La réflexion rejoint celle du vol au Canyon du Diable : le relief se prépare avant de se parcourir. Et, comme au pont d’Ambroix, le point de vue doit servir ce que l’on veut montrer.
À Viviourès, les images rapprochent la maçonnerie du rocher. À Montferrand, elles conservent la distance et le poids du versant. Ces deux façons de voir appartiennent au même carnet. Les châteaux n’ont pas besoin d’être photographiés à la même hauteur pour raconter leur relation au paysage.
Le paysage entre les hauteurs
Quel équipement pour préparer une sortie au DJI Avata 2 ?
Le DJI Avata 2 est le drone utilisé pour ces photographies. La sélection affiliée proposée ici réunit le Fly More Combo à trois batteries, une batterie vendue séparément et la station de recharge bidirectionnelle compatible. Ces accessoires sont des pistes pour préparer ses sorties ; leur présence dans la sélection ne signifie pas qu’ils ont tous été utilisés lors de ce reportage.
Le Fly More Combo à trois batteries avec Goggles 3 comprend déjà la station de recharge. Avant d’ajouter une batterie ou une station à votre panier, vérifiez donc le contenu du kit et le matériel que vous possédez. Une batterie supplémentaire permet de préparer plusieurs séquences ; la station recharge les batteries successivement entre les sorties.
Chez Photo Ciné Comédie, la sélection comprend ce même Fly More Combo, une batterie Avata 2 à l’unité et un jeu de quatre hélices Avata 2. Les hélices constituent des pièces de remplacement à choisir pour ce modèle précis, en suivant les instructions de montage DJI.
Le DJI Avata 2 et ses accessoires
Le DJI Avata 2 et deux accessoires compatibles pour préparer les sorties et la recharge des batteries.

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Où se trouvent Montferrand et Viviourès ?
Ces deux châteaux se trouvent dans l’Hérault, au nord de Montpellier. Montferrand occupe une hauteur du massif du Pic Saint-Loup, à Saint-Mathieu-de-Tréviers. Viviourès est sur l’Hortus ; la notice officielle Mérimée situe l’ensemble protégé sur Rouet et Valflaunès.
Quelle histoire relie les deux châteaux ?
Les deux sites sont liés au comté de Melgueil. Le site patrimonial de Montferrand présente ce château comme un pôle administratif et judiciaire. L’office de tourisme décrit Viviourès comme une ancienne propriété des comtes, à la fois place forte et habitation. Cette histoire commune ne signifie pas que les deux forteresses ont toujours servi le même pouvoir.
Depuis quand Viviourès est-il protégé ?
La protection est ancienne : la notice Mérimée mentionne notamment l’arrêté du 4 avril 1940. L’inscription en totalité du 3 juin 2025 se substitue à cet arrêté et à celui du 5 mars 2025. Il ne s’agit donc pas d’une première protection en 2025.
Que révèlent les photographies aériennes des ruines ?
Elles permettent de relier les murs à leur assise rocheuse et de comparer plusieurs angles sur une même crête. Elles ne permettent pas, à elles seules, d’attribuer une fonction historique à chaque bâtiment. Les études présentées par le Grand Pic Saint-Loup associent archives, relevés et analyse du bâti.
Les 120 m se mesurent-ils depuis le décollage ?
Selon l’EASA, le principe en catégorie ouverte est de rester dans les 120 m du point le plus proche de la surface terrestre. La hauteur affichée depuis le décollage est une autre mesure. Une zone géographique peut imposer une limite plus basse.
Faut-il décoller au niveau du château ?
Ce n’est pas une règle générale. Un départ situé plus bas peut limiter les cadrages lorsqu’un plafond de l’appareil se rapporte au décollage. Le manuel DJI distingue cette hauteur du niveau du terrain. Le lieu de départ doit surtout être accessible et autorisé, et permettre un vol conforme et sûr.
Peut-on accéder librement à Viviourès ?
Non. L’office de tourisme du Grand Pic Saint-Loup indique un domaine privé sans accès libre et des sentiers privés non conventionnés. Une photographie aérienne ne constitue ni une autorisation de visite ni une autorisation de décollage.
Comment préparer un vol en immersion ?
En catégorie ouverte, le guide DGAC prévoit un observateur placé à côté du télépilote, qui garde le drone en vue directe et surveille l’environnement. Il faut aussi vérifier l’espace aérien, les restrictions du jour, les droits d’accès au sol et les conditions météorologiques.
Résumé en 5 points
- La sortie du 20 septembre 2026 réunit Montferrand et Viviourès dans un même reportage au DJI Avata 2.
- Les deux châteaux s’inscrivent dans l’histoire du comté de Melgueil, sur des hauteurs qui se font face.
- Les vues aériennes éclairent leur implantation ; l’interprétation historique des murs demande des sources.
- Le plafond constaté à Montferrand ne doit pas être confondu avec la règle des 120 m par rapport au terrain.
- Relief, point de départ autorisé, réglages, espace aérien et surveillance visuelle se préparent ensemble.
Réponse rapide
Photographier Montferrand et Viviourès au drone permet de comprendre comment leurs ruines occupent les hauteurs du Pic Saint-Loup et de l’Hortus. Lors de ma sortie du 20 septembre 2026 avec le DJI Avata 2, le plafond constaté à Montferrand a limité les cadrages possibles depuis mon point de départ. Cette observation ne prouve pas une limite immuable du modèle. La hauteur affichée par l’appareil se rapporte au décollage ; en catégorie ouverte, le principe réglementaire est de rester dans les 120 m du point le plus proche du terrain, avec d’éventuelles restrictions locales plus basses. Préparer le relief et un départ accessible et autorisé est donc essentiel. Viviourès reste un domaine privé sans accès libre ; l’immersion demande aussi une surveillance visuelle conforme.
Sources officielles à consulter
- Montferrand : première mention en 1102 et rôle dans le comté
- Montferrand au XIIIe siècle : évêques de Maguelone et rapports avec la Roquette
- Montferrand : archéologie et devenir des vestiges
- Ministère de la Culture : notice Mérimée PA00103681, protection de Viviourès
- Office de tourisme : patrimoine médiéval du Pic Saint-Loup
- Office de tourisme : Viviourès et conditions d’accès
- Grand Pic Saint-Loup : Du castrum au castellas
- EASA : hauteur de vol en terrain vallonné
- DJI : manuel Avata 2, limites de vol et référence de hauteur H
- DGAC : guide catégorie ouverte, notamment vol en immersion
- Service Public : carte des restrictions de vol
- SIA : information aéronautique officielle
- Montferrand : consignes d’accès
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